60' anniversaire du Normandie-Niemen sur la B.A. 132 de Colmar Meyenheim

Cérémonie présidée par le Général Job Discours du Général Job Deux mécaniciens russes discutent
prés du Yak3
Roland de La Poype, Nilcolaï Touniev
et François Tulasne
fils du commandant Tulasne
       
Jean-Claude Mignon, député-maire de Dammarie les Lys (77),
Roland de La Poype
et les représentants du musée
Roger Beaumont accompagné de
Roland de la Poype
sur le stand du musée
Pierre Lorillon
sur le stand du musée

 

Allocution de M. Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, à l'occasion du 60ème anniversaire de la création de " Normandie Niémen "
Colmar, le 29 juin 2002

Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le chef d'état-major de l'armée de l'Air,
Mon général,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames, Messieurs,

C'est un très grand honneur et un réel plaisir pour moi de présider cette cérémonie magnifiquement organisée et d'avoir procédé à ces remises de décorations à des personnalités aussi méritantes.
Je souhaite d'emblée remercier très sincèrement le chef d'état-major de l'armée de l'Air de m'y avoir convié, au moment même de ma nomination comme secrétaire d'Etat aux Anciens combattants auprès du ministre de la Défense.
Je vous remercie, mon général, à un double titre : tout d'abord parce que vous m'offrez ainsi une occasion particulièrement forte pour effectuer mon premier déplacement officiel dans les armées. Ensuite, et c'est l'essentiel, parce que j'attache une importance toute particulière à la commémoration du 60ème anniversaire de la création de l'escadron de chasse " Normandie Niémen " et aux manifestations organisées en hommage aux Forces aériennes françaises libres.
Je me réjouis aussi de pouvoir marquer, en votre présence Monsieur l'Ambassadeur, et devant les généraux Aksenov et Denisov, la force des liens, si anciens et si importants, qui unissent la France et la Russie. Nos deux peuples ont eu de nombreuses occasions de combattre côte à côte.
La lutte commune contre le fléau absolu que représentait le nazisme a marqué, plus que tout, les mémoires de nos nations. La fraternité issue des combats héroïques forge des amitiés indéfectibles : tel est bien la nature des liens qui unissent nos deux pays.
Toutefois, la mémoire de ces heures glorieuses ne saurait procéder d'un sentiment de nostalgie. Elle doit être vivante. Elle doit rester actuelle.
Le général Risso a évoqué avec émotion et grandeur l'histoire de " Normandie-Niémen ", sa propre histoire. Je le salue avec respect ainsi que tous les vétérans ici présents. On comprend, en écoutant son témoignage, que le sacrifice consenti par ses frères d'armes doit être honoré.
Le sens de cet engagement doit être communiqué aux nouvelles générations.

Mesdames, Messieurs, au-delà de cette enceinte, il faut que les jeunes de France sachent que leurs aînés, aux côtés de leurs camarades russes, ont combattu sur le sol soviétique près de trois ans. Qu'ils ont combattu pour la liberté et pour la dignité. Ensemble, ils ont acquis un palmarès exceptionnel : au cours de 869 combats, ils ont abattus 273 avions ennemis, auxquels s'ajoutent 37 victoires probables.
Il faut que les jeunes de France sachent que, selon la volonté du Général de Gaulle, jusqu'à 96 pilotes, de toutes origines et de toutes conditions, ont lutté dans des conditions souvent extrêmes.
Près de la moitié d'entre eux n'ont pas revu la terre natale.
Quatre pilotes, Jacques André, Roland de la Poype, Marcel Albert et Marcel Lefèvre, seront faits " héros de l'Union soviétique ", 19 seront faits Compagnons de la Libération.
Il faut que les jeunes de France sachent à quel point il est justifié que le fanion de guerre de " Normandie-Niémen ", qui est déposé aux Invalides, soit décoré de la Légion d'Honneur, de l'Ordre de la Libération, de la médaille militaire, de la croix de guerre avec 6 palmes, mais aussi de l'Ordre du drapeau rouge et de l'Ordre Alexandre Nevski.
Il faut que les jeunes de France comprennent la signification et la grandeur de ces actes qui firent dire au Général de Gaulle : " Sur la terre russe, martyrisée comme la terre française par le même ennemi, le régiment Normandie-Niémen, mon Compagnon, soutient, démontre, accroît, la gloire de la France ".

C'est ce qui fait à mes yeux toute la valeur de cette cérémonie. Elle est légitime pour l'armée de l'Air qui honore l'une de ses plus brillantes unités. Elle est, aussi, nécessaire pour notre société, car elle contribue à la construction de la mémoire de notre jeunesse.
En effet, si nous voulons que le sens de l'abnégation et du sacrifice des Anciens se transmette, et si nous voulons que le sens de leur engagement soit connu, nous devons nous rassembler dans de pareilles circonstances. Je salue donc cette initiative de l'armée de l'Air. Je salue les autres manifestations organisées en France autour de cette commémoration.
Pour ma part, je souhaite engager une politique dynamique dans le domaine de la mémoire. Je souhaite encourager tout ce qui permettra de toucher le cœur, la sensibilité et la réflexion de la jeunesse. Je la crois disponible et ouverte à la connaissance de ces heures tragiques et glorieuses. Je la sais consciente de la modernité du combat contre la haine et l'intolérance. A nous de trouver des expressions et des moyens toujours mieux adaptés.
Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, le ministère de la Défense, et plus généralement l'Etat, sont, à cet égard, en première ligne. Mais ils ne sont pas seuls. Chacun, à sa place, peut et doit être un vecteur de mémoire.
Dans le même esprit, les initiatives ne doivent pas non plus rester purement nationales. Dès à présent, une plus grande ouverture sur l'extérieur doit être saluée. Elle devra être poursuivie et amplifiée. L'Europe se construit. L'édification d'une mémoire commune européenne des conflits contemporains doit être partie intégrante de cette démarche.

Monsieur l'Ambassadeur, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les officiers généraux, Mesdames, Messieurs, je suis heureux que la commémoration du 60ème anniversaire de la création de " Normandie-Niémen " m'ait permis de vous faire part de ces convictions, de célébrer l'une des pages les plus héroïques de notre histoire, et d'honorer ceux qui en furent les acteurs.