CUFFAUT Léon

 

Léon Cuffaut est né le 20 janvier 1911 à Charenton- le-Pont (Val- de- Marne).

En Bourgogne, où il passe sa jeunesse, il peut contempler longuement les prouesses des pilotes de l’aérodrome régional. Dès lors, il n’a plus qu’une idée en tête : voler. Il reçoit le baptême de l’air par le colonel Jean Moreau, pilote de la Grande Guerre aux trois victoires. C’est la concrétisation de son rêve et le début d’une brillante carrière.

Il s’engage à Oran le 25 janvier 1930, dans le 2ème groupe d’aviation d’Afrique, comme mitrailleur sur « Bréguet XIV ». En 1931, il participe à la campagne du Tafilalet (Sahara marocain). Breveté pilote de chasse en 1933, il est muté en août 1936 à la base 204 de Bizerte et consacre ses après-midi à la formation de jeunes pilotes civils dans le cadre des sections d’aviation populaire.

En septembre 1937, il se présente au concours d’entrée à l’Ecole de l’Air. Admissible à l’écrit, il ne peut passer l’oral car il reçoit l’ordre de convoyer des avions aux républicains espagnols. Il rencontre André Malraux et le capitaine soviétique Guéorgui Zakharov, futur commandant de la 303ème division aérienne dans laquelle opèrera le « Normandie-Niémen » quelques années plus tard. Sa mission terminée, il repasse avec succès le concours d’entrée à l’Ecole de l’Air. En1939, Léon Cuffaut, alors sous-lieutenant, est affecté au G.C. I/3 puis au G.C.II/6. Le22 novembre 1939 il descend ses deux premiers « Me 109 ».

                Commandant d’escadrille en 1940, il participe à la campagne de France. Replié sur Toulouse, il rencontre Didier Daurat. Celui-ci lui conseille de gagner l’Afrique du Nord. Embarqué clandestinement à bord d’un « Lockheed Electra », il se pose sous le feu de la DCA à Oran, dans la soirée du 25 juin 1940.

Affecté à Alger, il participe à la campagne de Syrie en 1941au sein du G.C. II/3 sur « D-520 ».

                Son attitude complaisante envers les gaullistes lui vaut d’être muté en décembre 1941 comme chef du centre de haute de haute-montagne de Tikjda en Grande Kabylie.

                Il permet ainsi l‘organisation d’une filière F.F.L. avec les commandants Faye et Dartois du réseau de résistance « Alliance ».

                Le 29 mai 1943, il se porte volontaire pour faire partie des renforts envoyés au « Normandie », et rejoint le groupe à Toula le 20 décembre 1943.

                Il participe à la deuxième campagne et obtient plusieurs victoires aériennes.

                Promu capitaine le 8 août 1944, il quitte le groupe le 31 octobre 1944 pour des raisons de santé et est dirigé sur le Moyen-Orient.               

                Le capitaine Cuffaut termine la guerre avec 17 victoires aériennes dont 13 homologuées, ce qui le place parmi les premiers « As ». Après la capitulation de l’Allemagne, il est tour à tour commandant d’escadrille et commandant de groupe. Il commande le « Normandie-Niémen » d’avril 1947 à septembre 1948.

                Il participe ensuite aux campagnes d’Indochine, d’Algérie et de Mauritanie-Ifni.

                En 1951, Louis Delfino le rappelle en France pour travailler avec Joseph Risso au Centre de Tir de Cazaux, où il se familiarise avec les avions à réaction.

Le 14 juillet 1956, il est promu Grand Officier de la Légion d’Honneur par le président de la République française René Coty.

Nommé colonel le 1er janvier 1957, il est affecté à la zone de défense de l’Afrique Occidentale Française et Togo, où il reste deux années.

Après un passage au Conseil supérieur de l’Infrastructure et de la navigation aérienne, il quitte l’armée de l’Air le 20 janvier 1962, en congé du P.N., avec le grade de général de brigade aérienne.

                Il devient ensuite directeur général de l’Aéro-Club de France de 1962 à 1977.

                Il a reçu 19 citations dont 15 à l’ordre de l’Armée.

                Le 27 mars 1968, il reçoit la haute distinction de Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, des mains du général de Gaulle. Egalement Grand Croix de la Légion d’honneur, Léon Cuffaut était titulaire des plus hautes distinctions militaires françaises et étrangères, dont la Croix de Guerre avec 15 citations, la Médaille de l’Aéronautique, l’Ordre du Drapeau Rouge (URSS), l’Ordre d’Alexandre Nevski (URSS), la Silver Star (USA), la Grande Médaille d’Or de l’Aéro-Club de France et quelques autres décorations qu’il serait trop long d’énumérer.

                Il était président national honoraire de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre National du Mérite, président national honoraire de l’Association des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l’Aéronautique et de l’Espace, ancien secrétaire général de l‘Association des Pilotes de Chasse et ancien vice-président de l’Association des As de Guerre.

                Chef pilote et instructeur de l’Aéro-Club des Handicapés aux Mureaux à partir de 1983, il forma, avec l’aide du colonel Guy Eisenbach, un ancien de la R.A.F. décédé le 30 novembre 2001, de nombreux élèves dont des anciens pilotes et parachutistes grièvement blessés en service, et des polios ou accidentés de la route.

                Léon Cuffaut totalisait 18.700 heures de vol. Il avait effectué 1010 missions de guerre en 2626 heures de vol de guerre, ce qui est exceptionnel pour un pilote de chasse français. Il était membre honoraire des « pilotes du Demi-Siècle », de l’association « Les Vieilles Tiges ».

                Le général Léon Cuffaut est décédé le 18 septembre 2002.

Un ultime hommage lui a été rendu au cours de ses obsèques religieuses qui se sont déroulées le 24 septembre, en la chapelle de l’Ecole Militaire, et auxquelles ont assisté de nombreuses personnalités dont ses compagnons du « Normandie-Niémen », Roland de La Poype et Georges Masurel qui prononça un discours de sympathie à l’attention de sa famille. C’est au général d’armée aérienne Jean-Pierre Job, ancien Chef d’état-major de l’armée de l’Air, qu’il revenait de prononcer son éloge funèbre.

Le général Léon Cuffaut a été inhumé dans l’intimité, au cimetière de Charenton-le-Pont.


Yves Donjon
Documentaliste du musée Normandie Niemen
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