Le personnel mécaniciens français du Normandie-Niemen
 
Arrivé en U.R.S.S. le 28 novembre 1942, il est muté au Moyen-Orient le 18 août 1943.
 
Les quelques biographies de ce site sont tirées de l'ouvrage beaucoup plus complet de Yves Donjon "Ceux de Normandie-Niemen".
 Ce livre est en vente au Mémorial, voir la rubrique "boutique".
 

MICHEL Alex, officier mécanicien   LARRIVET Denis
DUPRAT Louis, chef mécanicien   LEFEBVRE André (20 mai 1920-22 mars 2002)
ABAD Joachim (né le 20/12/1917 à Arles, aucun renseignement).   LELOUP Guy (14 août 1918 - 23 avril 2013)
ABICHOU Daniel   LONGCHAMP Antoine (15 janvier 1921-24 octobre 2006)
AUDIBERT Marcel   LUMBROSO Armand
CALORBE Jean   MARCELIN Georges
CARME Albert   MASUREL Georges (24 août 1921 - 2 mai 2013)
CARREL Armand   MORISSON Roger
CHAMBALLU François (10/06/1921-3/10/2011)   MOUNIER Georges
DARENLOT Jean   NOEL Aimé (né le 11/10/1910 à Ouveillan(Aude), aucun renseignement).
DEGUILHEM-PEMILLAT Hubert   PEYRONIE André
EIDEL Roger   SALIBA André
GALLEY Pierre (né le 16/04/1922 à Port-Saïd, décédé en 1999, aucun renseignement).   SALIBA Benoît (né le 12/03/1921 en Turquie, aucun renseignement).
GELIBERT Jean   TOURTELIER Roger
GELIN Edouard (né le 28/04/1922, aucun renseignement).   TOUVREY Roger
GIOVANCARLI Laurent (22 octobre 1915-6 août 2007)   TROLLIET Raymond
GOULIN Daniel (né le 17/10/1921 au Liban, aucun renseignement).   TRUCO André
GOUVERNEUR Pierre (aucun renseignement).   TURCAUD Jean
HANNAUX Marcel (8 mars 1922-10 janvier 2007)   VIDAL Maurice (né le 4/02/1918 à Lasalle(Gard), aucun renseignement).
HENRY Albert   WEILL Gérard
JACQUIER Yves   ZUKANOVITCH Guy (né le 23/11/1922 au Caire, aucun renseignement).
     

    Je tiens tout spécialement à rendre hommage aux 42 mécaniciens français dont le rôle a été déterminant. Sans leur collaboration dévouée et efficace, l'extraordinaire épopée de "Normandie" n'aurait pu se réaliser.
Ils travaillèrent avec abnégation et dans les pires conditions. Ils furent même quelquefois obligés de travailler les mains nues par des températures dépassant parfois moins 30 degrés. Trop souvent oublié, je souhaite que le personnel mécanicien soit pour une fois associé aux louanges et aux honneurs.
En effet, les mécaniciens français de "Normandie" n'ont pas eu devant l'Histoire le sort qu'ils méritaient. Par ailleurs, il me tient tout particulièrement à cœur de dénoncer certaines contrevérités trop souvent répandues.
L'affirmation laissant entendre que les mécaniciens français ont été relevés en août 1943 en raison de leur incapacité à s'adapter au front russe et à assurer le bon déroulement des missions est infondée et mensongère.
De même, ils n'ont pas plus demandé à être relevés du front comme d'aucuns en ont fait courir la rumeur. La vérité est toute autre.
Ils ont toujours été à la hauteur de leur tâche, pendant toute cette période très dure de l'hiver 1942-1943. Jamais aucune mission n'a été annulée ni même retardée pour indisponibilité d'un avion. A cette époque, chaque avion était entretenu par un seul premier mécanicien responsable de l'appareil, assisté d'un second. Après le départ des mécaniciens français, il y eut pour chaque appareil un mécanicien responsable assisté de quatre seconds.

Par ailleurs, à l'aube de l'été 1943, il n'était nullement envisagé de renvoyer les mécaniciens français au Moyen-Orient. Ceux-ci demandèrent au commandant Pouyade d'intervenir auprès des Russes afin qu'ils soient autorisés à effectuer des stages de pilotage. Le commandant Pouyade accepta et fit passer un examen théorique à une trentaine de volontaires. Une vingtaine furent retenus.
Malheureusement, le général Ernest Petit, chef de la Mission Militaire Française à Moscou, sans en référer à Londres, opposa un "non" catégorique aux propositions du commandant Pouyade. C'est ainsi que les mécaniciens français furent mutés au Moyen-Orient. Seuls Georges Masurel et Robert Carme purent terminer la guerre en qualité de pilotes. A leur retour au Moyen-Orient, ceux qui eurent la malchance d'être affectés à des unités dont les chefs les avaient, dans d'autres temps, fait condamner à mort pour désertion, n'ont eu aucune chance de pouvoir continuer leur carrière militaire dans des conditions honorables.
Un exemple m'en a été donné par un ancien mécanicien qui m'a confié ses mémoires, mais dont je ne m'estime pas autorisé à révéler le nom. Après avoir rejoint l'Angleterre le 20 juin 1940, il s'engage dans les F.A.F.L., participe aux expéditions de  Dakar et du Gabon. Il est blessé en Erythrée au G.R.B.I, puis il participe à toutes les campagnes de la Libye à l'URSS.
Affecté à sa demande, dès son retour de Russie, à une école de navigateurs, il est brimé par sa hiérarchie qui lui fait payer sa "désertion pour rejoindre le Général de Gaulle".
Comme beaucoup de ses camarades "anciens de la France Libre", il retourne à la vie civile dès la fin de la guerre. Oublié, âgé aujourd'hui de 80 ans, il n'a toujours pas la Croix de Guerre, qui a pourtant été remise à tous les mécaniciens soviétiques.  Malheureusement , ceci est aussi le cas de la quasi totalité des mécaniciens français.

A l'oubli, que l'on ne rajoute pas le mépris et le mensonge et qu'au moins on ne salisse pas la mémoire de ces hommes !

Yves Donjon
Documentaliste du Mémorial Normandie Niemen